L'école, source de résilience

Résumé : Certains enfants grandissent dans des contextes familiaux extrêmes. Lorsqu'ils vacillent, ils doivent se centrer sur autre chose pour se mettre à l'abri du danger. L'école est le principal lieu de vie en dehors de la famille, elle est donc un lieu privilégié pour l'élaboration d'un processus de résilience. La résilience scolaire est la manière dont l'enfant pourra utiliser l'école pour rebondir malgré des difficultés de vie (Pourtois, Humbeeck, & Desmet, 2012). L'école et les apprentissages qu'elle permet deviennent alors une échappatoire face aux périls de la vie. Elle permet à certains enfants d'être " ordinaires " quand leur quotidien relève de l'" extraordinaire ", de l'extrême. L'école leur permet de se sentir " élèves " parmi d'autres camarades. Un certain clivage se met alors en place distinguant l'école et la famille. Cette étude vise à montrer que tout n'est pas joué d'avance, qu'il n'y pas de déterminisme ou fatalisme obligatoire d'un parcours brisé. Par le biais d'une démarche qualitative et à travers la méthodologie de l'entretien clinique, notre recherche s'appuie sur la mise en mots de deux parcours manifestes de " résilience scolaire " et questionne le rôle de tuteur de résilience que l'école peut alors revêtir. Ces entretiens dialogiques ont été réalisés auprès de deux femmes qui sont revenues sur leur expérience d'écolières. Afin de permettre une clinique dialogique, un guide d'entretien assez succinct a été employé de manière à laisser relativement libre la parole des sujets. Les thèmes principaux abordés ont été les suivants : la représentation de l'école dans le parcours de vie ; le(s) lien(s) entre parcours scolaire et parcours de vie ; la relation avec les enseignants. L'analyse de ces entretiens a été réalisée via la méthode de Lani-Bayle (2007) centrée sur la parole des sujets pour s'intéresser au-delà des faits à la manière dont ils ont construit la personne. Les résultats montrent que l'école en tant qu'institution apparaît alors comme une structure stable et contenante, synonyme de sécurité quand l'extérieur est synonyme de danger. Les règles y sont claires, sensées et doivent y être respectées. Elle s'offre comme un cadre de bienveillance et de sérénité. L'école peut ainsi être mise en lien avec une figure d'attachement qui entrainerait une sécurité affective. En plus d'ouvrir à la perspective d'un avenir possible et au-delà de ses missions cognitives et socialisantes, l'école pourrait ainsi permettre tout simplement d'exister à certains jeunes, par ailleurs en graves difficultés de vie.
Type de document :
Communication dans un congrès
V. Rouyer, M. de Léonardis, C. Safont-Mottay, & M. Huet-Gueye. 6ème Colloque du RIPSYDEVE. Actualités de la Psychologie du développement et de l'Éducation, May 2013, France. pp.176-182, 2014
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Contributeur : Véronique Rouyer <>
Soumis le : samedi 5 juillet 2014 - 15:36:50
Dernière modification le : vendredi 10 février 2017 - 10:59:25
Document(s) archivé(s) le : dimanche 5 octobre 2014 - 10:45:44

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Manuela Braud. L'école, source de résilience. V. Rouyer, M. de Léonardis, C. Safont-Mottay, & M. Huet-Gueye. 6ème Colloque du RIPSYDEVE. Actualités de la Psychologie du développement et de l'Éducation, May 2013, France. pp.176-182, 2014. 〈hal-01018803〉

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