Le corps à l'œuvre. Tatouage et personnalisation

Résumé : " Ce qu'il y a de plus profond dans l'homme, c'est la peau ". Cette citation de Paul Valéry par Anzieu (1985), illustre la fonction paradoxale de cette enveloppe contenante qu'est la peau. Support d'excitation et d'inscription, elle porte les traces des communications les plus précoces ; espace psychique de la rencontre, elle est ce lieu symbolique où se joue l'alchimie secrète de l'âme et du corps. La peau est au cœur du dialogue émotionnel (Wallon, 1941), ou de l'espace transitionnel (Winnicott, 1971). Un espace de l'intime partagé de la construction du sens, qui illustre la dialectique de socialisation et personnalisation de Malrieu (2003) et Meyerson (1995). Un lieu de relation où se noue et se dénoue l'image sociale et intime de l'altérité, parfois dans la tension critique d'un nouvel élan vital, sous la douce pression du massage ou la morsure piquante du tatouage. Le tatouage est le signifiant d'un cheminement psychique dont les motivations, au-delà de la seule visée esthétique, restent mystérieuses. Ces motivations jouent un rôle central dans la construction de l'identité en particulier à l'adolescence et au début de l'âge adulte. Comme acte créateur mobilisant le désir du sujet dans sa dimension souffrante - il est toujours sacrificiel par la douleur qu'il convoque, comme la scarification ou le piercing - le tatouage peut constituer parfois un rite de passage qui a une fonction d'individuation (Jung, 1961). A partir d'entretiens semi-directifs réalisés auprès de jeunes adultes et une analyse de contenu thématique de ces entretiens, nos analyses tenteront de montrer en particulier comment cette pratique du tatouage, dans sa double dimension de processus psychologique et de création artistique, constitue une forme de réappropriation du corps et de l'histoire de vie de la personne, une " re-construction du sens ". Comme acte de subjectivation, le tatoo peut nous dévoiler en partie la tension par laquelle la peau devient mémoire et le corps se fait " œuvre " au sens de Meyerson. Le tatouage s'écrit alors comme un récit mythique autobiographique qui porte la trace symbolique toujours énigmatique du développement de la personne.
Type de document :
Communication dans un congrès
6ème Colloque international du RIPSYDEVE; Actualités de la Psychologie du Développement et de l'Éducation, May 2013, France. pp.312-323, 2014
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Contributeur : Hervé Larroze-Marracq <>
Soumis le : dimanche 6 juillet 2014 - 23:39:16
Dernière modification le : mercredi 23 mai 2018 - 17:58:10
Document(s) archivé(s) le : lundi 6 octobre 2014 - 10:40:46

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Hervé Larroze-Marracq, Ania Beaumatin, Angiolina Bedard. Le corps à l'œuvre. Tatouage et personnalisation. 6ème Colloque international du RIPSYDEVE; Actualités de la Psychologie du Développement et de l'Éducation, May 2013, France. pp.312-323, 2014. 〈hal-01018930〉

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