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Theses Year : 2020

« To have a reputation »

« Avoir une réputation »

Margot Déage

Abstract

‘To have a reputation’ carries a negative connotation for middle school pupils. This expression is aimed at girls suspected of having broken the standards of modesty, or at boys whose attitude is deemed effeminate. These gendered reputations, these rumours that have been established as truths, are pretexts for exclusion and aggressions. Collective judgements’ degradation towards a pupil and bullying are phenomena that feed on each other, in the school and online. Based on an ethnographic survey carried out in four colleges in the Paris region; a nethnography on Snapchat and Instagram; a questionnaire sent online to pupil, as well as the secondary analysis of the MENJVA-DEPP (2013 & 2017) surveys, I analyse the way in which middle school pupils take reputational risks. Reputations are a relational benchmark in a general mistrust’s climate. Gender and age particularly influence the image projected to others. They give rise, more or less consciously, to mockery and other violence. Sometimes, some pupils decide to make a reputation in order to get revenge or obtain a relational privilege. These initiatives are all the more accessible because of social media that encourages a disinhibited and photo-based exchange, while at the same time making it possible to disseminate dossiers that serve as evidence. Although bullying has become a social problem, education team still have difficulty in identifying and dealing with it. They lack availability, legal and technical recourses. The priority given to punishment overrides the task to calm relations between pupils.
« Avoir une réputation » est une expression utilisée par les collégiens en termes négatifs. Elle s’adresse à des filles suspectées d'avoir rompu avec les normes de pudeur, ou à des garçons qui auraient une attitude jugée efféminée. Ces réputations genrées, ces rumeurs qui ont été érigées en vérités, sont prétextes à l’exclusion et aux agressions. La dégradation des jugements collectifs à l'égard d'un élève et le harcèlement sont des phénomènes qui s'alimentent réciproquement, dans l'établissement et en ligne. A partir d'une enquête ethnographique menée dans quatre collèges franciliens ; d'une nethnographie sur Snapchat et Instagram ; d’un questionnaire transmis en ligne aux élèves, ainsi que de l'analyse secondaire, sous R, des enquêtes MENJVA-DEPP (2013 & 2017), j'analyse les prises de risques réputationnels des collégiens. Les réputations sont un repère relationnel dans un climat général de méfiance. Le genre et l'âge influencent particulièrement l'image renvoyée aux autres. Ils suscitent, plus ou moins consciemment, des moqueries et autres violences. Parfois, certains élèves décident de « faire une réputation » pour se venger ou obtenir un privilège relationnel. Ces initiatives sont d'autant plus accessibles, que les réseaux sociaux incitent à l'échange désinhibé et en images, tout en permettant de diffuser des « dossiers » qui servent de preuves aux rumeurs. Bien que le harcèlement soit devenu un problème social, les équipes éducatives peinent à le repérer et à le prendre en charge. Ils manquent de disponibilité, de recours légaux et techniques concrètes. La priorité donnée à la sanction agit au détriment d'un travail d’apaisement des relations entre élèves.
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Dates and versions

tel-03471767 , version 1 (09-12-2021)

Identifiers

  • HAL Id : tel-03471767 , version 1

Cite

Margot Déage. « Avoir une réputation » : Étude du (cyber)harcèlement scolaire comme risque réputationnel genré. Sociologie. Sorbonne universite, 2020. Français. ⟨NNT : ⟩. ⟨tel-03471767⟩
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