La Transcendance de l'Un chez Plotin

Résumé : Bien avant la date symbolique de 529, année du décret par lequel l'empereur Justinien scelle le triomphe du christianisme en faisant fermer l'école d'Athènes déjà déserte, l'époque où vit Plotin (le IIIe siècle) voit déjà le déclin de la philosophie grecque, même si l'école philosophique néo-platonicienne qu'avait fondée Plotin à Alexandrie continua à vivre pendant encore deux siècles. Le rapport à la perspective grecque et à la perspective chrétienne traverse l'histoire même de la pensée plotinienne. Comment l'œuvre de Plotin se situe-t-elle face à cette double histoire ? C'est à travers l'Un qu'une articulation entre monde grec et monde chrétien semble la plus féconde : d'une certaine façon, le néoplatonisme distingue matière et monde intelligible. Le fait chez Platon de poser pour l'Un, principe de toutes choses, l'impossibilité de tout contact avec le monde sensible exclut tout acte de volonté dans la création et donc tout rapport entre un créateur et sa créature. Alors que le Moyen-platonisme avait posé des éléments hétérogènes, Plotin les a liés profondément entre eux aux moyens de concepts nouveaux comme l'idée de procession et d'émanation, qui pour l'époque apparaissaient non comme des spéculations philosophiques, mais comme des vérités scientifiques capables d'engendrer un nouveau paradigme de la science, remplaçant le modèle aristotélicien. L'article tente de montrer comment se situe la transcendance de l'Un par rapport au rationalisme grec traditionnel et par rapport à une perspective irrationaliste et mystique. Infléchissant les thèses platoniciennes, pour lesquelles le bien se situe au-delà de l'essence, dans le sens de la transcendance et de l'accès à une contemplation mystique, la perspective plotinienne ne rompt pourtant pas avec une perspective rationaliste qui articule le divin et la réalité de manière intelligible. En quoi l'indétermination de l'Un ineffable mais appréhendable par une intuition supra-intellectuelle rend-elle la transcendance plotinienne de l'Un si spécifique ? En tant que l'Un plotinien se caractérise par un double mouvement, de procession comme effusion d'unité, et de conversion comme ascension purificatrice vers le principe, le rapport à l'Un induit un sens spécifique de la transcendance.
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Article dans une revue
Diotima, 2006, pp.45-56
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Contributeur : Patricia Verdeau <>
Soumis le : mercredi 26 février 2014 - 17:01:10
Dernière modification le : mercredi 14 mars 2018 - 12:14:03

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Patricia Verdeau. La Transcendance de l'Un chez Plotin. Diotima, 2006, pp.45-56. 〈hal-00952409〉

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