Le parler occitan de Chiomonte (Italie) : situation linguistique et sociolinguistique : au contact de l'italien, du français, du piémontais et du francoprovençal

Résumé : Le parler occitan de Chiomonte (Italie) : situation linguistique et sociolinguistique (au contact de l'italien, du français, du piémontais et du francoprovençal) La Haute Vallée de Suse (ou Vallée d'Oulx), du côté italien du col du Montgenèvre, ainsi que la vallée du Haut Cluson, étaient jadis partie intégrante du Dauphiné. Elles on été cédées par la France au Royaume de Piémont-Savoie lors du traité d'Utrecht en 1713. Elles sont devenues italiennes lors de l'unification de l'Italie en 1861. L'italien s'y est substitué au français comme langue dominante (et officielle) au tournant du XIXe et du XXe siècle. Dans la Haute Vallée de Suse, le vernaculaire occitan est en contact avec deux autres langues vernaculaires : le franco-provençal parlée dans la moyenne vallée et le piémontais parlé à Suse et dans la basse vallée, près de Turin. Chiomonte est le dernier village occitanophone à la fois au nord et à l'est : à 3 km on parle francoprovençal, à 7 km piémontais. Le parler de Chiomonte fait partie de l'ensemble dialectal occitan dénommé vivaro-alpin, mais de par sa situation il présente des affinités aréale avec des parlers situés hors de la zone occitane (piémontais et francoprovençaux) et est influencé par un double superstrat : français à date ancienne et italien pour la période plus récente. Il présente des caractéristiques communes avec la partie la plus septentrionale de la zone nord occitane. Les adultes autochtones de Chiomonte sont souvent trilingues, voire quadrilingues, mais on observe des différences entre les générations. La transmission familiale de l'occitan a cessé dans les années 1950-1970, et le parler occitan de Chiomonte, bien qu'il compte encore un nombre significatif de locuteurs - pas toujours très âgés - est un idiome en grand danger. Le fait que, de ce côté-ci de la frontière le parler local ne soit pas dévalorisés dans les représentations collectives est de peu de poids face aux mutations économiques et sociales, et aux médias qui favorisent la généralisation de l'italien. Le piémontais, en expansion dans les années 1960-1970 est également en recul et la connaissance du français a considérablement régressé chez les plus jeunes. C'est ainsi qu'en quatre générations, on est passé d'un quadrilinguisme quasi général, à un quasi monolinguisme italien.
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Contributor : Jean Sibille <>
Submitted on : Wednesday, February 26, 2014 - 10:50:21 AM
Last modification on : Wednesday, July 10, 2019 - 1:33:27 AM
Long-term archiving on : Monday, May 26, 2014 - 11:36:24 AM

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Jean Sibille. Le parler occitan de Chiomonte (Italie) : situation linguistique et sociolinguistique : au contact de l'italien, du français, du piémontais et du francoprovençal. 3e congrès mondial de linguistique française, Jul 2012, Lyon, France. pp.2231-2247. ⟨hal-00952071⟩

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